Ce monsieur trouve qu'«il y a un vide juridique, voire un néant, en ce qui concerne internet au Sénégal» et qu’«il n’y a aucune base légale sur laquelle un juge peut se baser pour se prononcer sur un différend portant un contenu web». Il fait référence au plagiat et au vol de propriété intellectuelle dont certains sites se sont rendus coupables jusqu'à ce que la menace juridique des sites producteurs de contenu n'opère. Les principaux sites plagieurs se sont alors mis à produire du contenu sauf un (basé aux Etats Unis).
Selon Ousmane Blé Mbaye, «la loi doit être neutre, elle ne s’applique pas seulement à Internet et pas à la radio ou à la télévision. Elle ne doit pas être ficelée par rapport à un support ou à une technologie». C'est pour cela, selon lui, qu'il ne serait pas possible de porter plainte et de gagner pour un vol de contenu. Ce monsieur, qui ferait mieux de ne pas s'aventurer sur des territoires qu'il ne connait pas, oublie que le vol de contenu ou, plus largement, de propriété intellectuelle n'est pas né de l'internet. La loi légifère sur le problème et s'applique à internet même si ces lois ne sont pas spécifiques à ce medium (pour faire prétentieux) et, y compris, si les dernières lois sur la propriété intellectuelle et aux droits d'auteur ne sont pas encore promulguées.
En poursuivant, je résume, il déplore l'absence de lois qui résoudraient le problème de territorialité. Problème qui n'est pas spécifique à internet. Voir le problème des contrefaçons en Chine. Faire appliquer la loi d'un pays à une entreprise assujettie à la loi d'un autre pays n'est pas évident ni pour internet ni pour n'importe quoi d'autre. Sauf à aller porter plainte dans le pays où réside l'entreprise.
Ce problème n'a rien à voir avec internet, c'est le problème de la territorialité de la justice.
Pour terminer d'enfoncer le clou qui l'épingle au mur du ridicule, ce monsieur affirme sans rigoler «Pour nous, une bonne partie du travail, au-delà de l’accès, c’est travailler avec la communauté des développeurs afin qu’il y ait plus de contenus africains pour que les internautes africains aient du contenu qui est pertinent pour leur vie quotidienne, leurs besoins».
Mais qui les empêche de créer du contenu ? Pertinent pour les africains ? Comment se fait-il que ce très vieux constat soit toujours d'actualité ?
S'ils veulent créer du contenu, qu'ils en créent…
Cela me fait penser à une "très belle" phrase, très révélatrice, entendue il y a quelques années. Un écrivain expliquait que les écrivains n'étaient pas aidés pour écrire, la preuve ? Le gouvernement ne leur donnait pas les ordinateurs dont ils avaient besoin…
No comment.
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